Samstag, 7. Oktober 2017

KPR - 3 : Jour 163 | Fili - Athènes

C'est le dernier jour! Je le passe seule. Je veux vivre ce moment en toute solitude, rien qu'avec moi. Je porte mon sac très lourd pour quelques heures encore, je franchis les dernier kilomètres. Je ralentis, comme je voulais savourer encore un peu la marche. Je m'arrête et regarde Athènes au loin. Fili est la banlieue de la mégapole, réputée pour sa communauté tzigane. Il y a de la pauvreté, les maisons sont simples, rudimentaires, les chiens aboient...

Je m'approche. Je ne crois pas vraiemtn que l'aventure s'arrête là, tout bientôt. Athènes est là, devant moi. Il me faut traverser un long boulevard, des km tout droits, aux sons des voitures très bruyantes. Je croise toutes sortes de visages. Des gens qui mendient. Nombreux sont les personnes à la rue. Petit à petit, au loin, je perçois l'Acropole. Je parviens au quartier de la vieille Athènes „Plaka“. Je m'arrête une dernière fois. Je contacte Wendy. J'observe les touristes à l'Agora romaine. Et puis, je me lance. On m'attend au pied de l'Acropole. Go Marinka! 

Je l'ai fait. J'y suis. Remplie de mille et un visages, de mille et une histoires, je dépose le sac. Heureuse et reconnaissante, je fais un rituel de remerciement à l'abri des oliviers. 
Je plante ma tente. J'ouvre le sac. J'enlève mon bleu de travail. 
Voilà. C'est fini.


KPR - 3 : Jour 162 | Pili - Fili

Avant-dernier jour de marche. A nouveau, des paysages incroyablement différents qui défilent sous nos semelles. Wendy et Ramon sont costauds. Rien ne les effraie. Ni de marcher à reculons (Ramon le fait souvent pour „filmer“ ma „face“ alors que je suis en train d'escalader quelques pentes) et Wendy, le bras musclé à force de tenir la perche, gère la réalisation, le tournage, l'équipe! Ils sont là, à fond dans leur part, dans leur domaine, à fond avec moi. Je suis touchée.


La journée est longue et se termine par une „randonnée pédestre“ à la Suisse, c'est-à-dire qu'elle est très similaire aux chemins montagneux qu'on trouve dans nos préalpes et alpes helvétiques. C'est même balisé! Le sentier est très raide, caillouteux et nos genous ne sont pas réjouis. Nous sommes tous les trois très fatigués, à nos limites. Mais l'effort en vaut la peine. Une famille de sanglier est campée devant nous, à quelques mètres, pas loin d'un restaurant et ils ne bronchent pas. Trop occupés par la nourriture.


Puis, on s'enfance dans le village et on fonce pour s'asseoir dans une taverne et savourer (ou se piffrer) avec des spécialités grecques. On a tellement faim! Au niveau campement, ce n'est pas la joie. Je laisse tomber ma sempiternelle quête d'artistes et veux passer la nuit, la dernière nuit, dans ma tente! J'aperçois une chapelle élevée sur un petit sommet au-dessus du village. Wendy et Ramon m'accompagnent pour filmer une dernière fois. Mon idée n'était pas excellente. Pas moyen de camper. Trop rocailleux, pas de terre, mais juste de la roche et des cailloux partout. Je dormirai sur le banc à côté de la chapelle. C'est-à-dire mal ou quasiment pas du tout. Le banc penche et je suis quelque peu trop large... Mince! Moi, qui ai cru avoir perdu de la matière et m'être affinée... Tu parles! Que de muscles. Je me suis élargie, hé oui! Va, Marinka, ferme tes paupières, pour ta dernière nuit.


KPR - 3 : Jour 161 | Thèbes - Pili

Je retrouve mes compagnons Wendy et Ramon pour une journée de marche, de prises de vue, de discussions et de réflexion. Nous quittons facilement Thèbes qui est une ville moyennement grande, mais surtout construite sur sept collines ce qui nous amènent à quelques ascensions et descentes avant de rejoindre la forêt et un camp militaire. La journée est faite de découvertes de paysages. En si peu de kilomètres, tant de variété visuelle. Je suis un peu „grinche“ ou plutôt pas évident d'être accompagnée, alors que pendant plus de 5 mois, je suis mon propre cheffe. Je laisse mes deux compagnons marcher devant moi. J'ai envie de rester dans une bulle, de préparer mon arrivée et de penser au voyage qui a été si dense, si riche, si intense. 

A midi, nous nous avons la bonne idée de donner à manger à un jeune chien, libre et si maigre. Celui-ci nous suit sur une dizaine de kilomètres. Wendy tente tout pour le chasser. Ramon plus pédagogue tente la parole et lui disant de rentrer chez lui. Finalement, je ne sais par quel miracle, il nous lâche. On reprend cette route goudronnée pour atteindre Pili. Il est nuit. On touche le village. Il est 20h. Une fille au sourire d'argent me parle. Sa famille sort de la maison et j'explique mon projet. La quête d'artistes commence, mais sans grand succès. Par contre, la jeune demoiselle nous accompagne et nous fait visiter le village. Tout le monde est à l'extérieur. On ne passe pas inaperçu. Notre guide est fière d'être avec nous et de pouvoir parler anglais. On opte pour la première taverne et en effet, on est bien servi: d'excellents souvlakis rassasie notre faim. Wendy et Ramon vont me quitter pour rejoindre Athènes et j'ai une petite crainte concernant mon hébergement. Tanpis, je fais confiance et savoure le moment. Finalement, c'est la famille de la jeune fille qui m'héberge. Je partage sa chambre rose et côte à côte, nous dormons. Quelle hospitalité!






Donnerstag, 14. September 2017

KPR - 3 : Jour 160 | Aliartos - Thèbes

Toute la nuit, ou plutôt une partie de la nuit, les agriculteurs ont travaillé, moissonné, fait des allers-retours. Au petit matin, ce sont les chasseurs qui entrent en action. La saison a commencé. C'est parti. Je suis terriblement fatiguée et j'ai de la peine à me motiver. En plus, j'ai mal au ventre. Welcome to menstruations. Que veux-tu? Femme tu es! J'essaie de me concentrer sur l'essentiel: marcher, une bonne journée de 30 kilomètres devant moi.

Ce soir, à Thèbes, retrouvailles avec Wendy et Ramon.



On arrive en même temps au musée où on s'est donné rendez-vous. Quel timing! Le musée ne nous fait pas très bon accueil, on s'y est mal pris. La caméra fait toujours un certain effet: elle brusque et effraie. Je ne pourrai pas camper ici, oublie! Je poursuis ma quête. On m'indique des photographes, père et fils, qui m'accueillent à bras ouverts! Je peux dormir chez eux. Merci!


Mittwoch, 13. September 2017

KPR - 3 : Jour 159 | Kyrtoni – Aliartos

Les paysages sont variés. A un moment donné, une meute de chiens accoure vers moi. Je fais marche arrière. Il y en a trop et je ne veux plus risquer ma chaire. Heureusement, le berger arrive et me fait passer. Des bergers, j'en rencontre quasi tous les jours. Au petit matin ou en début de soirée. Durant la journée, je m'arrête au village et tente de me motiver par un café et du chocolat (il y en a du très bon!). Je rencontre une jeune femme qui crée des accessoires et objets, puis je reprends la route. Mais je n'avance pas. Un chiot me suit sur 50 mètres. Je le ramène auprès de son frère. Il me suit. Des va-et-vient, au moins quatre fois de suite.



J'aimerais le prendre avec moi, il piaille quand je le repose par terre. C'est terrible. La dame du cimetière vient à mon secours. Adieu beau petit chiot!

La Grèce n'a pas fini de me surprendre. Après des traversées de collines, je tombe sur une magnifique plaine. Quel plaisir de marcher le long des champs, tout droit. Je plante ma tente à côté des fleurs de coton.


Dienstag, 12. September 2017

KPR - 3 : Jour 158 | Arkitsa - Kyrtoni

Au loin, la plage. Chemins et sentiers de campagne entre les oliviers. En pleine montagne, je ne vois pas les aspérités de la route, ma cheville cède et je tombe de tout mon plein. J'ai de la peine à me relever à cause de mon sac. C'est drôle. Je suis dans ce petit village qui paraît complètement mort. Avant de grimper sur les hauteurs, je m'arrête chez des gens très typés, qui habitent dans de grandes tentes blanches assez bien aménagées. Je leur demande depuis combien de temps ils vivent ici. Au moins 30 ans. Immense famille. Je suis chez les hommes. On rigole. Pas besoin de communiquer par des mots. Assez expressifs. Une camionnette arrive, femmes et enfants remplissent l'arrière. Ils sont allés à la plage.



Je comprends qu'ils travaillent dans les oliveraies ou peut-être les champs de coton. Ils m'offrent de l'eau et je m'y mets. Ascension de 570 mètres pour atteindre un sommet. Il y a une bergerie, quelques bicoques. Et là, je rencontre Georgos qui fait son entraînement quotidien. Il m'indique la direction et me prévient de prendre garde aux chiens en liberté, raison pour laquelle il emporte avec lui une barre de fer!

Finalement, c'est chez lui et sa femme que je m'arrête pour la nuit. Que de bons produits qui réjouissent mon estomac affamé: pâtes faites maison, sauce tomate, olives (maison), feta, salade, pain, encore fait maison… Bonne nuit!


Montag, 11. September 2017

KPR - 3 : Jour 157 | Neo Pyrgos – Arkitsa

Sofia me réveille pour contempler le lever du soleil. A nouveau, en silence. Je la quitte après de belles embrassades. Même si ma journée est relativement courte en kilomètres, j'ai de la peine à me motiver. Il fait chaud. Je transpire comme un steak dans une poêle. Il y a surtout l'humidité qui alourdit l'atmosphère. J'emprunte des sentiers et puis la route pour arriver de l'autre côté de l'île. Je reprends le ferry pour une deuxième fois. Je fais une exception, sinon je peux oublier ma destination! Une heure de bateau, je discute avec ma voisine de siège et profite de poser deux questions: "Pourquoi les femmes âgées portent-elles du noir" et "Depuis quand y a-t-il la mode du Nescafé frappé?". En effet, c'est l'une des boissons favorites des Grecs. J'apprends qu'il est devenu populaire il y a 20 ans, tout comme l'espresso freddo, emprunté aux Italiens. Quant à la première question, c'est en raison d'un défunt dans la famille. Le deuil dure une année, mais souvent les femmes continuent à porter du noir jusqu'à leur propre mort.

Débarquement au port d'Arkitsa. Je mange un petit truc et passe deux heures à "ranger mes souvenirs", préparer la fin. Puis quête d'artiste. Un coach en Tai Chi me dit qu'il est aussi artiste et m'indique une autre personne qu'il a rencontrée le matin même. Le Tai Chi est un art martial, dont la combinaison entre mouvement et respiration fait la force. Le coach a une opinion très intéressante sur sa motivation à le pratiquer.



Je m'en vais à la rencontre de l'autre artiste. Sa femme travaille dans un bar de plage, elle pourra me dire où le trouver. Mais celui-ci vient de partir pour Athènes et ne sera de retour que dans deux jours.



Sa femme, par contre, est actrice. Son parcours de vie est riche, j'ai bien envie de l'interviewer. On attend le patron pour savoir si je peux camper dans le meilleur bar de la côte! Je crois les doigts pour que ça marche. Il est 22h.


Sonntag, 10. September 2017

KPR - 3 : Jour 156 | Pteleos – Neo Pyrgos

La nuit a été calme, sans sanglier. J'ai pu reprendre des forces. Je m'arrête au village. L'église est en pleine action: messe. Les fenêtres sont ouvertes et on entend le prêtre chanter. C'est une petite journée, entrecoupée d'un trajet en ferry! Oui, je prends le bateau, je prends le large! Je sens que la fin se rapproche. Je sens que tout a un sens. Je suis heureuse de terminer par la Grèce. C'est calme. Je peux intérioriser ce que j'ai vécu. Je ne recherche pas beaucoup le contact ou l'attention, car j'ai juste envie d'être seule.



Je vois des femmes habillées en noir et je me pose la question: "Combien de temps de deuil? Ou est-ce qu'elles aiment le noir, qui contraste avec le blanc des maisons et le bleu de la mer?".

La saison touche à sa fin. Les Grecs vivent toujours une situation de crise économique, depuis 7 ans. A Athènes et dans les grandes villes, les gens font les poubelles pour se ravitailler. La plupart des jeunes avec une bonne formation, les médecins, les scientifiques, ont quitté le pays à cause de la situation. C'est un problème pour le pays. Près de Velestino, il y a une base militaire avec des hélicoptères (je comprends pourquoi j'en ai vus autant). Tous les Grecs doivent faire l'armée! La défense est soutenue, c'est un pilier contre "l'ennemi" turc. Certaines personnes me disent aussi leur méfiance ou désarroi par rapport à l'Allemagne qui impose ses conditions. Colonisation des temps modernes?



Je regarde la mer, écoute le vrombissement du frigo et me désaltère avec un soda. En avant dans ta quête d'artistes. Ne rien lâcher!



Finalement, j'en trouve une! Une toute belle et drôle: SOFIA. Elle peint, réalise des fresques murales, restaure des icônes et décore sa maison (presque le travail d'un maçon). Sofia est blonde, bronzée et a un air de clown. Elle chante en me préparant des spaghettis. Sa maison surplombe la mer et le village. Meilleur qu'un hôtel. Je peux revenir l'année prochaine pour des vacances! Je suis heureuse. On admire ensemble le coucher du soleil. En silence.

Samstag, 9. September 2017

KPR - 3 : Jour 155 | Almyros – Pteleos

La nuit a été un désastre. Je n'arrivais pas à dormir. Moustiques, chaleur et pleine lune. Je reprends la route, peu motivée. C'est dur, c'est du goudron et du bruit. Encore des kilomètres le long de l'autoroute avant finalement de virer à gauche et de m'engager vers une ascension pour découvrir de somptueux paysages faits d'oliviers et de nature quasi intouchée. Je me souviens alors de mon passage au musée, ce matin, et je retrouve force et inspiration. Je campe à nouveau, au pied d'un olivier, en dégustant un melon qu'on m'a offert en route.



Freitag, 8. September 2017

KPR - 3 : Jour 154 | Velestino – Almiros

Une journée le long de l'autoroute, sur l'ancienne route qui mène à Athènes. Je vois régulièrement des panneaux ATHINA. Je suis soulagée! C'est bon. Je traverse des champs, des "vergers" d'oliviers, je ramasse des amandes. D'ailleurs, j'ai vu des ouvriers en pleine action dans la récolte des amandes.


Je fais des pauses et me rassasie de barres de sésame. Arrivée dans la ville, une dame, Evangelia, m'interpele. Elle parle allemand. Elle est partie à 17 ans et passe désormais sa retraite en partie en Allemagne et en partie en Grèce. Elle m'invite pour le café, après. Le musée est fermé, mais on m'emmène chez un artiste-photographe. Celui-ci me dit: "Je n'ai pas de temps pour cela". Il ne veut pas non plus m'aider dans ma quête d'artistes. FUCK! Tant pis. Je retourne chez Evangelia et je passe la soirée chez elle.

La voisine nous rejoint. Elle me raconte qu'elle eu 3 fils, dont le dernier qu'elle a "dû" donner à sa sœur parce que celle-ci ne pouvait en avoir, imposition de la mère et belle-mère. Je suis impressionnée, c'est une soirée où l'on parle des maris défunts, de la malchance en amour… Cela aussi fait partie du projet. Je veux tout vivre et tout intégrer. Tout doit avoir une place. Le bons comme les côtés les plus douloureux.

Donnerstag, 7. September 2017

KPR - 3 : Jour 153 | Neo Perivoli - Velestino

Je reste dans la famille jusqu'à 15h. Après avoir rencontré un artiste du village, poète et dessinateur autodidacte, qui nous a déclamé ses créations, je suis invitée pour le repas. C'est un délice: feta, paprikas grillés avec une purée de tomates, des frites faites maison, de l'émincé de porc, des aubergines poêlées, une salade grecque. Je suis repue. Me voilà prête à affronter de magnifiques dunes. Une sorte de patchwork d'oliviers, je campe!

Mittwoch, 6. September 2017

KPR - 3 : Jour 152 | Larissa – Neo Perivoli

Je suis heureuse, j'ai pu avoir un rendez-vous avec la curatrice du Musée municipal de Larissa. Marya m'a préparé un petit-déjeuner sain avec une tasse de lait chaud, du pain aux céréales accompagné de pâte de sésame au miel et d'un bol de cornflakes, le premier de tout mon voyage. Elle m'offre un sac de fruits et des galettes pour la journée. Je prends un taxi pour traverser, car je ne veux pas être en retard et, c'est bon, j'ai parcouru ce trajet hier à pied.

Valentini est là et me consacre 1h de visite et de discussion. La collection du musée appartenait à un célèbre médecin grec qui a légué toutes ses œuvres afin de les rendre publiques. En 1983, la ville a reçu les 700 œuvres et, en 2004, elle a décidé de construire un bâtiment en l'honneur du médecin. Depuis 30 ans, le musée est actif dans la médiation avec toutes sortes de publics, particulièrement avec les classes. Valentini me dit: "Il faut éduquer les gens. Et pour rendre accessible l'art contemporain, il faut créer des ponts, rendre les gens actifs." Elle me dit encore qu'elle ne croit pas en Dieu, mais que l'art, c'est de l'espoir. Avec ces phrases, je prends la route. Dans la périphérie, je fais halte pour une pause de midi. Un bus s'arrête, le chauffeur descend, empressé, et me demande: "Do you want bread?" Il m'offre non seulement du pain, mais des pommes de terre. Il s'en va. Un éclair. Une générosité. Merci.



L'après-midi, ce sont deux immenses plaines, plateaux qui occupent mon attention et captent mon énergie. Il y a peu ou quasiment rien. Une route, une ancienne gare, de petits autels. J'ai de la peine à me motiver. Finalement, assez tard, j'arrive au village. J'interpelle deux jeunes et belles filles. Angelikki a une incroyable énergie et me fait visiter le village. Elle a 17 ans, joue du violon et aimerait étudier en Autriche ou en Allemagne.


C'est pour cette raison qu'elle apprend et pratique la langue. Tous les jeunes du village nous rejoignent: petit et grands sont intéressés. Le village, c'est une grande famille. Je passe la soirée parmi ce groupe et je m'offre une virée. Je peux dormir dans la famille d'Angelikki. Ses parents ont de la vigne et produisent le vin du village.

La mère, d'origine albanaise, avait dû fuir son pays à cause de la guerre et a rencontré le père, en Grèce. Elle avait 15 ans et lui 35. Deux ans plus tard, elle attendait son premier enfant et devait interrompre son parcours scolaire. Maintenant, à 37 ans, elle suit des cours au lycée aux côtés de sa fille, afin d'avoir accès à l'université. Elle aimerait étudier la philosophie. Dans la famille, on lit, parle, discute du communisme, de Marx, de Nietzsche et d'autres grands penseurs et poètes. La maison est petite: 3 pièces. Je dors dans la chambre des 3 enfants, seule. Toute la famille, mis à part le père, dort dans le salon sur le canapé. L'été, c'est comme ça, ils dorment dans la pièce la plus tempérée.

Dienstag, 5. September 2017

KPR - 3 : Jour 151 | Makrychori - Larissa

La mère d'Artemis, Aphroditi, s'est levée tôt pour me préparer des pitaka, sorte de flûtes feuilletées  à la feta. Elle chante, je réponds avec une petite ritournelle et on se quitte. La journée est dure. Je dois me motiver.



Larissa, 5e plus grande ville de Grèce est à l'horizon, avec une galerie d'art de la municipalité que je vais visiter.



Discussion avec de jeunes artistes, puis rendez-vous avec une autre artiste amateur, Marya, qui m'héberge pour la nuit.


Montag, 4. September 2017

KPR - 3 : Jour 150 | Papapoyli – Makrychori

Je décide de prendre le chemin des montagnes au lieu de rester au plat dans la vallée. Juste pour transpirer un peu plus et surtout pour la vue. 400 mètres de grimpe et 400 mètres de chute. Je le ressens dans les jambes. A l'arrivée, une famille tzigane albanaise qui vit en Grèce depuis 20 ans m'accueille et m'offre le repas. Je danse un peu avec les enfants. La mère est très belle. Grande famille. Les hommes réalisent des parasols en palmier et les vendent aux stations balnéaires. Je continue à marcher pour atteindre un petit village. Je demande s'il y a des artistes à plusieurs personnes. Rien. Je suis convaincue que je vais en trouver un ou une. Finalement, il faut demander aux bonnes personnes et surtout ne pas désespérer. Artemis est mon artiste.



Elle est amateur et se voue à la peinture. Dans la famille, il y a toujours eu ce côté artistique. La mère chante, le père sculpte. Je suis leur hôte. Merci.


Sonntag, 3. September 2017

KPR - 3 : Jour 149 | Leptokarya – Papapoyli



Petite journée. Journée d'anniversaire. Rien de plus. Quelques kilomètres dans les jambes et campement dans les plantations de kiwis.

Samstag, 2. September 2017

KPR - 3 : Jour 148 | Litochoro – Leptokarya

Après le musée, je me retrouve chez une artiste, une autodidacte. Encore une! Une peintre avec qui j'ai tout de suite le feeling. Ca m'encourage dans ma journée. Je profite de la hauteur pour admirer au loin la mer. Les Grecs de la région ont de la chance: ils ont les deux, mer et montagnes en quelques kilomètres.



Je croise un berger avec un troupeau de chèvres, puis descente vers la zone balnéaire pour me "fondre" dans la masse de vacanciers. Ce soir, je veux tester les chaises longues.



Il est 21h. Je me baigne et m'installe tout au bout de la côte, sur les dernières chaises longues. Il fait nuit. Quelques personnes sont encore là, surtout des pêcheurs qui restent jusqu'à 2h du matin. PECHEURS DE NUIT.

La chaise longue et les moustiques ne font pas bon ménage avec une nuit de repos. Je décide de changer de "lit". Vers 3h, il y a le security guard de l'hôtel qui me salue. Pas de problème, je peux rester. Petite nuit.

Freitag, 1. September 2017

KPR - 3 : Jour 147 | Korinos – Litochoro

Se lever au petit matin, être réveillée par le doux bruit du moteur du tracteur qui râtelle la plage.



Prendre un café grec, regarder les corps bronzés et continuer. Je veux longer la plage, j'enlève mes souliers et enfonce mes pieds dans le sable. Il y a une baie et pas moyen de rejoindre l'autre côté, mis à part à la nage.

Sur mon chemin, j'ai surpris un homme en train de se masturber. Il était là, debout au milieu de nulle part, parmi des déchets, à chercher le moment où l'on déconnecte. Ce gars me suit. Il veut que je le touche, suce, je ne sais quoi d'autre. Je veux juste continuer et trouver un pont pour traverser la rivière. Il veut m'indiquer la route et me montre la direction en m'accompagnant. Dans de telles situations, je n'essaie pas de parler dans une autre langue. Je suis fixée sur le français et campée sur mes gardes. Il n'est pas méchant, juste insistant et désespéré. Finalement, pas de pont, pas de connexion, pas de fellation. Rentre ton sexe mon gars, moi je continue. Plus loin, c'est une meute de chiens errants qui se met à mes trousses. Certes, ils défendent leur territoire. Il y en a deux qui montrent leurs crocs. Je mets des bâtons en croix derrière mes mollets pour me protéger et imposer la distance. Un me touche légèrement. Je brandis mon bâton et vise son museau. Je ne crois pas que je l'aie touché. Ils me suivent encore un peu et puis je me retrouve seule. Enfin.



J'arrive à destination. 34 km, c'est beaucoup. Surtout quand tu vois les gens en vacances. J'interpelle le premier homme sur ma route. Il m'indique un village à 5 km dans les hauteurs où il y aurait un festival de danse et musique traditionnelles. Ok, c'est parti.

Et c'est le couac. On est le 1er septembre et le festival se terminait le 31. Finie, la saison. Je rencontre un chansonnier avec qui je passe la soirée. Je passe à côté du musée du parc national du mont d'Olympe. Même si cela n'a rien à voir avec l'art, je le visiterai. Cela reste quand même le mont le plus célèbre de Grèce et le domaine des dieux de la mythologie romaine.


Donnerstag, 31. August 2017

KPR - 3 : Jour 146 | Nea Agathoupolis – Korinos

8h30, on est prêt. Poly et son mari doivent quitter la maison. Je passe chez la voisine d'Australie où je bois un café. Puis elle m'amène chez Nick, l'artiste.



Il est là! Je passe en tout cas  trois heures chez lui. C'est mon philosophe grec! Il parle de tout, Je l'écoute avec grande attention. Je bois ses paroles, certains thèmes me réconfortent, confirment ce que j'ai vécu. Nick a voyagé , beaucoup. Je suis heureuse d'avoir passé du temps avec et chez lui.


Maintenant, mes yeux se ferment. Je suis fatiguée. Le bruit des vagues me berce… J'ai campé sur la plage, la mer à mes côtés.

Mittwoch, 30. August 2017

KPR - 3 : Jour 145 | Chalastra – Nea Agathoupolis

Aujourd'hui, je fais quelque chose que je n'ai jamais encore fait: marcher sur une autoroute. Pour m'épargner une journée de 52 km, ce qui est impossible, je tente de suivre une route de campagne, puis d'escalader une clôture et de marcher le long de l'autoroute sur environ 1km, la distance du pont, afin de traverser la rivière. Heureusement, j'étais protégée par une barrière de chaque côté.



Juste après le pont, je n'ai aucun mal à me faufiler entre buissons et clôtures, puis à me trouver un passage entre les soubassements en béton du pont et l'environnement "junglistique". C'est à nouveau la réserve qui m'accueille. Puis, une pause pour manger des figues, cueillir du coton, ramasser une amande dans sa coque et tâter un kiwi. Que de produits. J'arrive sur les hauteurs et je vois la mer, splendide spectacle. Dans le petit village avant Methoni, je salue une dame. Je vais chez elle et découvre ses peintures. Une voisine qui vit en Australie vient nous aider pour la communication. Le village est comme on les imagine: maisons blanches, toits de tuiles, arbres qui parfument les rues… Quoique… Il y a une chose qui distingue cette commune des autres: il y a du "street art".



C'est Nick, un artiste de 68 ans qui peint et écrit… Et laisse des traces, des messages partout dans le village. Malheureusement, il n'est pas là. Tant pis, je passe la soirée avec Poly et son mari. On regarde un reportage sur la Documenta à Cassel. Bonne nuit.

Dienstag, 29. August 2017

KPR - 3 : Jour 144 | Thessaloniki - Chalastra

J'ai dormi comme une moule hors de sa coquille. C'est-à-dire pas du tout. Il y avait ces moustiques avec qui je me suis battu toute la nuit, et la cité de d'un million et demi d'habitants n'est pas plus calme la nuit, surtout le centre. Mais je suis heureuse, car j'ai planté ma tente à côté du musée, entre des sculptures. Durant cette nuit, il y a eu toutes sortes de bruits, y compris des sons et des cris qui faisaient penser à une baston. J'ai mis mes boules Quies, puis les ai enlevées et remises… Cela durant les 4 ou 5 heures qui suivaient l'installation de mon campement. Le matin, je me rafraîchis à la fontaine, je trempe mes pieds dans cette eau bien chlorée. Puis je longe la mer et arrive au quartier plus qu'industriel du port.



L'ambiance ne me déplaît pas. Par contre, il est difficile de trouver un trottoir. Certaines zones sont sécurisées et interdites de passage. Finalement, après avoir traversé un village, c'est dans une immense réserve naturelle que je me relâche et apprécie le calme.



La Grèce a de magnifiques paysages et cultures. Là, ce sont les rizières. Il y a l'autoroute plus loin, celle qui mène à Athènes. Fin de journée, je salue des gens à l'extérieur: Hélène, Evangelia, Achilles, Hélène 2. Je tombe bien, Evangelia et le père sont des artistes et vendent leurs créations dans une boutique qu'ils gèrent eux-mêmes. J'ai le coup de foudre pour Hélène, la fille qui a quasi mon âge. On se marre, même si elle ne parle pas vraiment l'anglais.



On a une idée de collaboration. Connexion helléno-helvétique: je suis bien intégrée dans la famille et Hélène me met sa chambre à disposition. Ici, à cause de la crise, tout le monde vit quasi sous le même toit. Les grands-parents d'un côté, les parents, les deux enfants et la belle-fille, épouse du fils.

Montag, 28. August 2017

KPR - 3 : Jour 141 - 143 | Thessaloniki

Jean-Pierre et Jacques m'ont rejoint pour assurer la sauvegarde du matériel vidéo. On forme une jolie et fine équipe, les trois. Ils sont à ma disposition. Alors, on se perd sur les hauteurs de la ville à la recherche d'une galerie qu'on trouve au centre. J'ai un entretien avec la galeriste et on enchaîne avec la visite du Musée de Macédoine d'Art Contemporain, qui fut le tout premier musée d'art contemporain en Grèce dans les années 70.


Le soir, c'est à quelques kilomètres de cette ville dense qu'on se met sous la couette, après avoir profité de la mer.




Dimanche, séance de travail où l'on parle, échange, questionne, réfléchit aux différentes étapes et choses-situations à résoudre encore pendant mes trois dernières semaines de marche. Et bien sûr, à la suite, au retour… Je profite aussi de leurs mains pour qu'ils tiennent la caméra et qu'ils captent quelques scènes. Le soir, franche rigolade et riches partages à tous les points de vue.

Maintenant, lundi 15h30, je suis assise dans un joli café à rédiger ces quelques lignes. Mes compagnons ont repris la route, j'ai eu deux entretiens avec des curateurs et une directrice de musée. Je suis toute réjouie. Ce soir, je pourrai filmer un artiste de rue, acrobate avec un grand cerceau (il y a certainement un terme exact…). Je ne sais pas encore où je vais camper. On m'a dit dans le café du musée ou aux alentours… A voir maintenant la faisabilité. J'espère que ça peut jouer. Je me réjouis de me mettre en marche demain.

Freitag, 25. August 2017

KPR - 3 : Jour 140 | Melissochori - Thessaloniki

Je n'ai jamais eu autant peur et autant mal dormi.







Cette nuit-là, j'ai eu envie de dormir à la belle étoile, ce qui m'a permis d'observer le ciel et de voir les avions atterrir au loin… et de me faire effrayer par une bête noire imposante qui reniflait et respirait fort! Il est 23h, l'animal est là. Moi aussi, le cœur qui bat et le bâton à la main. Je frappe aux alentours pour lui faire peur. Il s'en va. C'est moi qui respire fort maintenant. Je tente de me calmer et me demande s'il faut décamper. Je reste. A 4h, j'entends les mêmes bruits. Il est là. Et ce n'est pas la dernière fois. C'était un sanglier. Je fais une grasse matinée jusqu'à 9h et observe la vie reprendre son cours. Au premier village, un café s'impose. Les chiens sont en liberté et traversent plusieurs fois la place, en meute. Il y en a pour tous les goûts: petits, grands, brun clair, noirs, boîteux…



Il me faut ensuite bien 4 ou 5 heures pour atteindre le centre de la ville. J'ai opté pour y arriver depuis les hauteurs et ça en valait vraiment la peine!



Le spectacle est grandiose: je vois la mer! Puis, le long des routes principales à 3 ou 4 voies, il faut user des semelles pour rejoindre des ruelles moins fréquentées. Finalement, face à l'étendue d'eau, je pose le sac.

Donnerstag, 24. August 2017

KPR - 3 : Jour 139 | Kilkis - Melissochori

Antoniadis Theodoros frappe à la porte de son atelier. En tant que bonne «occupante», j’ouvre et le fais entrer. Quel toupet, cette Marinka. Quelle confiance, ce peintre d’icônes. Il m’apporte deux flûtes de pâte feuilletée aux épinards et un anneau de sésame. Un café grec est partagé, puis c’est le départ pour une nouvelle journée. La ville est facile à quitter. Je me retrouve vite dans des paysages qui m’enchantent: sentiers, nature aux alentours affranchie de barrières et de tout autre signe de civilisation. Il y a de temps en temps une tortue ou un berger. Comme par exemple, cet Albanais de Tirana qui vient 10 mois par an garder et traire un troupeau de 300 à 400 brebis.



Sous un pont, là où se trouve son lit de camp, il n'y pas si longtemps quelques centaines de migrants étaient rassemblés et occupaient l’espace.




Il y a ensuite de grands plateaux où champs, culture et déchetteries sauvages se côtoient. Je souhaite faire une pause et m’acheter une boisson. J’ai oublié qu’en Grèce, après-midi sonne avec interruption. Tout est fermé et le village parait mort. A la station d’essence, je fais le plein… d’eau. Puis, ascension et descente sur un terrain d’exercice militaire. Je suis étonnée de croiser les forces de l’ordre, policiers et militaires, aussi régulièrement. J’ai trouvé un campement au milieu d’un champ. Au loin, je perçois la cité, large et lumineuse: Thessaloniki. Demain, je l’atteindrai. 

Mittwoch, 23. August 2017

KPR - 3 : Jour 138 | Xhrovrysi - Kilkis

Le soleil se lève vers 7h00 et je décide de rester sous ma couette jusqu’à ce moment. Les étendues grecques sont faciles à parcourir. Aucune barrière, clôture ou quelque autre limite… comme un vrai sentiment de liberté. De vastes pleines accueillent les bergers et les troupeaux. J’en croise tout le long. Et puis, ma première communication avec deux personnes dans un village. Le grec me fait penser à de l’espagnol, je parle de la langue et peut-être aussi de ce tempérament chaud et chaleureux. A Kilkis, go pour le musée d’archéologie et pour le musée folklorique. Ils sauront certainement me renseigner. Le premier est un échec: pas de tampon, pas d’interview, même pas une annotation à la main dans mon «passeport». Rien n’est permis. Il me faudra me rendre au musée à Thessalonique pour recevoir ce que je veux. Dans le second: succès et accueil chaleureux. On me fait faire la visite et on m’organise une rencontre avec un artiste en passant plusieurs coups de fil. Je me demande comment est la situation au niveau du travail et de la crise. Une des collaboratrices m’explique qu’elle est là pour un programme de 8 mois et qu’auparavant, elle fût au chômage pendant 5 ans. Après cette phase, l’avenir du musée est incertain.



J’apprends aussi que les toutes petites églises dressées devant les maisons étaient des signes de protection et qu'elles servaient aussi à recevoir de l'électricité de l’Etat, car bien des maisons furent érigées contre la loi. Alors pour amadouer le gouvernement, on place un signe religieux devant la bâtisse et comme il y a encore quelques années, l’Etat et l’Eglise «collaboraient», on avait des chances de recevoir un bien précieux, du courant électrique. J’apprends encore que jusque dans les années 1960, chaque maison avait son métier à tisser. A 16h00, j’ai rendez-vous avec la fille et la petite-fille de l’artiste Antonis Tsolakidis, qui m’amènent en voiture chez lui. Antonis est sculpteur et peintre.



A 77 ans, il est toujours actif et travaille pour de nombreuses églises et monastères dans toute la Grèce. Il sculpte dans le bois, les yeux fermés. On va ensuite dans son autre atelier à quelques kilomètres. Puis, il appelle un ami peintre d’icônes. J’ai une autre entrevue et même une possibilité de logement dans son atelier. Lui aussi travaille sur mandat pour l’Eglise orthodoxe. Quand tu oeuvres dans l’iconographie, tu as peu de marge de liberté, mis à part le choix des couleurs. Et là, Antoniadis Theodoros excelle et laisse sa griffe. Merci à vous tous pour votre temps et vos pensées.


Le soir, je dormirai sous la protection d’icônes en création. Demain, je quitte Kelkis et il me faudra avancer pour «rattraper» les kilomètres et arriver à Thessalonique vendredi.